Ecrit par Mezcal

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Depuis qu’en 1297, le mercenaire et brigand François Grimaldi s’est emparé par la ruse de Monaco, ses descendants règnent sans discontinuer et constituent la plus ancienne dynastie actuelle régnante du monde. Si on connaît par cœur les rebondissements de la vie amoureuse et les exploits de conduite automobile de la famille, une chape de plomb est posée sur l’histoire expansionniste de cette lignée. Si on apprend, par des voies détournées, que Monaco a annexé dans l’histoire et de façon plus ou moins longue Menton, Antibes, La Condamine ou Roquebrune, ces quelques indications éparses ne peuvent satisfaire l’amoureux d’histoire.

Il est évident que :
- une dynastie fondée par un brigand cherche toujours à augmenter son pouvoir et satisfaire son goût du lucre insatiable ;
- quand on règne sans interruption pendant sept siècles, les occasions de guerres coloniales sont nombreuses.

J’ai donc fait des recherches dans de vieux grimoires oubliés, récupérés au péril de ma vie auprès de différents organismes maffieux, pour vous narrer une histoire faite de fer et de sang que jamais *Paris Match* ne révèlera.

Si François Grimaldi se concentra essentiellement, durant son règne, à engrosser toutes les femmes monégasques, son cousin, Rainier Ier, avec l’accord implicite de Philippe le Bel, se lança dans de premières expéditions de piratage et d’annexion. Dès 1304, il récupère sur les Hollandais l’île d’Iputupi, et tombe à cette occasion dans une faille spatio-temporelle, qui lui permet de réapparaître régulièrement dans toute l’histoire de la principauté, déguisé en vendeur de poissons, pour violer ses descendantes féminines. D’où la consanguinité séculaire dont les effets sont frappants chez le prince Albert… L’île d’Iputupi se situant hors du temps et de l’espace, il est difficile de discerner si elle est toujours occupée ou a recouvré son indépendance…

A noter que Charles Ier, en 1346, tenta vainement de faire de même en débarquant sur la plage de Neverland, mais ses troupes furent repoussées par la fée Clochette, le prince fut capturé et condamné à errer, depuis, avec une tenue moulante et un chapeau ridicule, de couleur verte de surcroît.

Marqués par cet échec, les coseigneurs Ambroise, Antoine et Jean se tournèrent vers l’Europe centrale et annexèrent successivement la Borostyrie après avoir fécondé la reine Olga, insatisfaite par son mari depuis dix ans, lors d’un gang bang, la Poldavie en endormant l’armée adverse par la lecture de cent mille milliards de poèmes puis, pour conclure, le Zotrland où ils introduisirent le gros nez et le chapeau melon. Ces occupations perdurèrent jusqu’au traité de Versailles de 1919, ce qui explique pourquoi encore aujourd’hui les liens sont forts avec cette région d’Europe et qu’on voit fréquemment, dans les rues de Monaco, de jeunes hétaïres slaves en micro-jupe, assises dans le baquet passager de Porsches cabriolet noires, conduites par des messieurs avec un caleçon sur la tête qui écoutent du Lofofora à fond.

Ces succès coloniaux incitèrent les princes de Monaco à maintes expéditions aventureuses, certaines victorieuses comme la conquête du Kafiristan par Honoré II, où il supplanta Alexandre le Grand comme dieu vivant, et du Lagash, où il se greffa un énorme diamant rose dans le fondement ; d’autres qui finirent en défaites cuisantes, comme les tentatives d’Augustin au Catung, où son armée dut fuir devant les pestilences des troupes ennemies dopées au flageolet, ou à Thélème, où les nonnes lubriques eurent raison de la fougue des assaillants.

La dernière conquête notable intervint sous le règne de Louis Ier, en 1704, quand une troupe de mercenaires stipendiés par la principauté investit Skull Island, peuplée exclusivement de singes. Afin d’assouvir leurs appétits, les occupants commencèrent de louches croisements avec les s…, anthropoïdes, de plus en plus gros au fil des générations dégénérées successives, jusqu’à ce qu’en 1933 King Kong mange tous les occupants monégasques.

Depuis, la principauté a décidé de coloniser *Coin de Rue-Images immondes*, mais ça, tout le monde le sait…