Ecrit par Sayyadina.

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La première chose à faire quand on veut étudier la psychologie des foules dans le désert est de trouver un désert.

Il ne faut pas croire que la tâche est aisée surtout en pleine ville. Par exemple dans le métro, même en plein nuit, on peut y rencontrer des types louches ou des musareilles (1).
Pourtant l’exemple du métro est fort intéressant, notamment dans le cas fréquent dit du métro vide et des personnes agglutinées. Il est fréquent quand on est dans un métro en dehors des heures de pointes, assise tranquillement sur une banquette avec personne à côté, de voir débarquer une personne qui s’assied à la place la plus proche de la notre, voire même parfois débordant sur la notre.

Le mieux est donc de trouver un vrai désert, comme le Sahara par exemple, et je ne donne absolument pas cet exemple parce que c’est le seul nom qui me vient à l’esprit.

Un désert peut-être trompeur. Vu de loin, un désert peut sembler ressembler à une carte postale de désert. Des dunes de sable à perte de vue et un ciel bleu ébloui par le soleil et parfois quelques chameaux. En y regardant de plus près, un désert ressemble effectivement à l’image que l’on s’en fait.

Il n’est donc pas utile de se rendre sur place pour étudier un désert, l’observation de quelques images et photos souvenirs que l’on trouve partout dans le commerce suffise à notre étude.

Pour comprendre la psychologie des foules qui peuplent le désert, il suffit de poser une série de question aux foules que l’on peut y rencontrer.

La série de question que nous allons étudier n’en est qu’une parmi tant d’autres, mais elle a l’avantage d’être une série spécialement conçue pour le sujet qui nous intéresse.

Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Question 2 : quels sont vos moyens de résistance pour supporter la vie en groupe ?
Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?

Maintenant que nous connaissons les questions à poser aux foules du désert, il suffit de choisir une image de désert au hasard et de poser les questions directement aux habitants de la carte.

Exemple 1 : une photo d’un groupe de dromadaire couché sur le sable.

Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Réponse de la foule de dromadaire : « nous aimons vivre en groupe, en famille.» « La solitude est un concept nihiliste. Le désert est immense, vivons serré ? »

Le sens de la famille est très développé chez les dromadaires. C’est pratique de se retrouver le dimanche avant la messe et s’adonner après l’office au découpage du poulet et au choix cornélien de l’aile ou la cuisse.
Il est ensuite très étonnant de constater que le refus d’occuper l’immensité du désert pour s’agglutiner comme les humains dans le métro est un signe très négatif pour entamer une carrière de chanteur. En effet un chanteur qui n’occuperait pas la totalité de la scène sur laquelle il se produit est voué à finir en chantant des tubes de karaoké à la superette de la zone industrielle ou à la foire à la saucisse.

Question 2 : quels sont vos moyens de résistances pour supporter la vie en groupe ?
Réponse de la foule de dromadaire : « on ne résiste pas surtout si elle est blonde à forte poitrine. »

Le dromadaire est humain après tout.

Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Réponse de la foule de dromadaire : « la paix c’est surfait, les chameaux sont nos ennemis depuis toujours. »

Si vous avez été un jour en présence d’un chameau qui vous crache son coca-cola à la figure parce qu’il est vexé que ce ne soit pas du coca light, vous pouvez comprendre cette haine viscérale entre les deux espèces animales voisines.

Conclusion de l’exemple 1 : les dromadaires sont des obsédés sexuels qui vont à la messe le dimanche.

Passons à la deuxième image.
Exemple 2 : une magnifique photo de sable couvert de silex taillé par l’homme, vestige de l’âge d’or de notre monde à l’agonie.

Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Réponse de la foule de silex : « on ne supporte plus, ce n’est pas humain ce que nous sommes obligés de vivre. Des personnes que nous ne connaissons même pas nous piétine continuellement, nous arrache à la terre violemment et nous conduit dans des cages en verres ou de gros yeux globuleux nous observe. »

Les foules de silex ne supportent pas d’être séparé, faut dire la plupart sont potes depuis des millénaires et les séparations sont d’autant plus cruelles qu’elles sont définitives. Il n’est pas rare que des familles de silex se retrouvent dans des cartons différents sans possibilité de se téléphoner pendant des décennies entière.

Question 2 : quels sont vos moyens de résistances pour supporter la vie en groupe ?
Réponse de la foule de silex : « la résistance c’est notre truc. On est dur comme la pierre, tranchant comme une lame et solide comme le verre. »

Bien que ce soit difficile à comprendre, les silex ne sont pas mous et la dureté de leur membre rajoute à leur réputation de beaux parleurs qui taillent des costards à leurs voisins les plus proches.

Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Réponse de la foule de silex : « vous voulez notre mort ? À quoi servirait-on si les hommes ne se faisaient plus la guerre?»

Il est rare de croiser des populations aussi peu au fait des nouvelles technologies. Nous avons pour des raisons diplomatiques évité de leur apprendre que les hommes ne se battaient plus depuis longtemps avec des armes en silex taillés.

Conclusion de l’exemple 2 : les silex ça pique !

Conclusion générale : pour parfaire cette étude inutile, il faudrait étudier d’autres populations comme les grains de sables, les musareilles (1), les métros dans le désert, les souris et les hommes, les dauphins aussi et bien sur les étoiles de mer.

(1)sorte d’araignée croisée avec des abeilles des villes plus connues sous le nom de musaraigne des campagnes ou erreur orthographique faisant rire des foules sur un forum.