Écrit par Sayyadina

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La particularité d’une île est l’isolement y compris culturel.

Pendant longtemps on a associé ce lieu à ses gigantesques statues, les Moaï.
Une fois que l’homme moderne a constaté son énormissime erreur, les critiques d’art ont pu se pencher sur la production importante, tant au point de vue du nombre et par sa qualité : l’art pictural de l’Ile de Pâques.

Autant les sculptures sont très grandes, autant les peintures sont microscopiques, c’est d’ailleurs si vous m’accordez cette parenthèse, la raison pour laquelle l’humanité est passée à côté de l’immense talent des habitants de l’île.

Aujourd’hui, grâce à la technologie haute définition les humains peuvent admirer les œuvres d’arts picturales.
Munissons-nous d’une loupe à verres grossissants 42 fois, pour continuer la lecture de cet exposé.

Comme dans tout mouvement artistique, nous pouvons séparer l’art de l’île de Pâques en deux périodes.
La période dite jaune et la période dite blanche.

La période jaune :

Son nom provient uniquement du support utilisé par les peintres. L’œuf de poule.
Historiquement cela s’explique très bien, ce n’est qu’au cours du temps où la vue adaptée aux petites choses permettra à la population de progresser dans leur recherche du minuscule et d’évoluer vers d’autres supports, comme nous le verrons plus tard.

L’œuf de poule se caractérise par une coquille jaunâtre, d’où le nom de « période jaune » donnée aux premières œuvres picturales de l’île.
Le principe est simple, il suffit avec d’un pinceau de peindre la coquille sans la percer.
Dans un premier temps, vers 4200 ans avant JC, la style était plutôt rococo (du nom du célèbre coq coco) avec des créations sans grande originalité mais très appréciées de leur temps.

La plus célèbre représentation est le « autant faberger que Regerber ». L’artiste avec subtilité peint avec son sang et autres excréments de magnifiques volutes et plumes de coq.

Ce style sera utilisé pendant de nombreux millénaires, il faut attendre 420 avant JC pour voir apparaitre un nouvel élan de renouveau dans la technique de fabrication des pigments servant à peindre que dans la façon de peindre.

Cette période donne naissance à un art plus géométrique, tout en gardant un style très lourd et détaillé.

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Mais on commence aussi à voir apparaitre le style floral très coloré qui fera la renommée de la deuxième période.

La période blanche :

Première révolution : le support.
Les habitants connaissent un développement important de la rétine, qui leur permet de voir plus loin. Cette propriété particulière les conduit à utiliser un nouveau support à leurs créations. L’œuf de caille qui se distingue par sa petite taille et par sa couleur blanche, d’où le nom de période blanche.

Deuxième révolution : la technique
Elle évolue aussi très vite et se dédouane des formes d’art classiques, osant sans cesse des nouveautés dans les formes ou les couleurs.

Dès 42 avant JC, on voit apparaitre un décor floral mais beaucoup plus stylisé.

Ce n’est que le début d’un long affranchissement du style ampoulé de nombreux siècles de classicisme.

Plusieurs types de décor apparaissent :

- le décor en relief. Très stylisé et encore parfois des inspirations florales mais aussi des formes plus abstraites.

Regardez comme ce décor délicat évoque à la perfection une montagne enneigée.

- le décor humanoïde : enfin les hommes apparaissent sur les œufs, sans marcher toutefois dessus, les autres formes restent prépondérantes.

Les émotions sont représentées avec délicatesse et réalisme :

Les maquillages tribaux aussi avec cette magnifique œuvre « Ex Kiss » réalisée sur des œufs de poules en hommages aux ancêtres.

Enfin on ne pourrait pas finir cet exposé sans évoquer aussi les odes à la fécondité que représentent certaines des œuvres les plus récentes (à partir de 42 après JC).

Ces hommes et ces femmes de véritables artistes, continuent encore aujourd’hui à nous épater par leur maîtrise et leurs bons œufs. Quelle belle vision artistique.