Écrit par Mezcal

--

En ces temps où l’usage intensif des énergies fossiles – dont on nous annonce de toute façon régulièrement l’assèchement des réserves pour la semaine prochaine – remet en cause l’équilibre de la biosphère, il est de bon ton de rechercher de nouveaux types d’énergies, ou d’en redécouvrir d’ancestrales.

Et comme c’est la frénésie des transports qui vient brûler le plus sûrement les stocks et réduire l’espérance de vie des générations futures (1), les scientifiques visionnaires se tournent vers les moyens de locomotion écologiques, comme la sodomokinésie.

Le principe mécanique de la sodomokinésie est simple : l’orifice anal, contrairement à d’autres voies naturelles, est entouré de muscles puissants, les sphincters, qui peuvent exercer une pression importante sur tout levier oblong introduit entre eux. Pour peu que le phénomène de friction susceptible de détourner les effets du couple moteur soit enrayé par une matière visqueuse, quelques vigoureuses poussées créent une énergie cinétique importante, selon la formule :

E=l(DTC)2

où E désigne l’énergie créée, l la longueur du tube introduit et DTC le degré de torsion coïtal.

Si cette modélisation est le fruit des recherches les plus pointues, il est frappant de constater que nos lointains prédécesseurs avaient constaté la puissance de la sodomie par l’expérience, sans avoir besoin de se livrer à des calculs fastidieux.

Les habitants de Sodome, même s’ils ne furent pas les premiers expérimentateurs de cette pratique vigoureuse, passèrent à la postérité et donnèrent leur nom à cette science, tout en créant malheureusement un malentendu préjudiciable à son développement et son rayonnement. C’est en effet pour aider les anges perdus dans leur ville et réfugiés chez Loth à rejoindre leur logis au paradis qu’ils se proposèrent pour un viol collectif, leur permettant d’être propulsés avec force bien plus haut que leur lune. Ce n’est d’ailleurs qu’au IIème  siècle de notre ère que leur initiative bienveillante commença à être stigmatisée dans les écrits religieux.

On a beaucoup glosé sur les habitudes des Grecs antiques, qui considéraient qu’un maître transmettait la quinte essence de son savoir à son jeune précepte en passant par le tunnel sombre qui ne sent pas très bon, mais peu d’historiens ont fait le lien avec le goût du voyage et le respect de la dame Nature des Hellènes. La fameuse formule « Va te faire voir chez les Grecs » indique pourtant de façon explicite le moyen de se déplacer sans effort particulier, et même dans la joie et le plaisir, en mettant à contribution la force entraînante du mât de misaine. Ce n’est pas par hasard si Ulysse et ses compagnons, tous de musculeux guerriers dans la force de l’âge, mirent tant d’entrain à explorer le monde avant de retrouver leurs épouses obnubilées à faire tapisserie, et surent se rire des tempêtes et catastrophes qui endommageaient régulièrement leurs bateaux.

Ce faisant, ils inventèrent un moyen simple de hisser le grand phoque que les navigateurs perpétuent encore aujourd’hui, qu’ils privilégient la voile ou la vapeur d’ailleurs...

D’autres grands conquérants s’engouffrèrent dans la voie étroite ainsi tracée : Perses, Phéniciens, Romains et même les chefs celtes qui, selon Diodorus, dormaient toujours avec deux jeunes garçons pour être prêts dès le réveil aux plus ardentes chevauchées.

Car la sodomokinésie ne limite pas ses effets aux déplacements maritimes : elle vient suppléer à bon escient les efforts des chevaux, lorsque ceux-ci sont las de s’être fait grimper toute la journée.

Il est dommageable qu’au fil des siècles, l’obscurantisme soit venu prohiber la sodomokinésie, pour des prétextes fallacieux. Nul doute que le triste Moyen-âge se serait moins traîné en longueur, au rythme des lourdes et encombrantes carrioles, et que l’explosion industrielle et cul-turelle serait survenue plus tôt si quelques bigots n’avaient pas inventé le « crime contre nature ».

C’est par contre une belle nouvelle de voir dans nos rues des chercheurs enthousiastes à la queue leu leu, entonnant du Village People afin de se donner du cœur à l’outrage, qui développent à grand coups de boutoir une énergie propre et responsable.

Promis, à la prochaine Marche des Fiertés, on sauvera tous ensemble la planète !

--
(1) le transport des participants au sommet de Copenhague (officiels, entourage et parasites) a, par exemple, représenté l’équivalent de 40 000 voitures circulant 24/24 sur autoroute pendant un an.