Écrit par Donio

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Les aztèques sont une tribu de chichimèques, venus dit-on de la ville d'Aztlan. On ne sait pas où se trouvait cette ville, et les raisons de leur errance ne sont pas toujours claires. La légende dit qu'ils offensèrent le dieu Quetzalcoatl, et qu'ils savaient devoir errer jusqu'à ce que Huitzilopochtli, leur dieu,  leur indique le lieu où ils pourraient s'installer : un aigle dévorant un serpent et se posant sur un cactus devait leur indiquer l'emplacement de leur nouvelle ville. Une version moins corroborée des faits dit que Huitzilopochtli avait oublié de baisser le volume de sa platine CD au moment de délivrer sa prophétie aux prêtres aztèques, et que cela causa une des plus grandes incompréhensions de l'histoire. Car le peuple aztèque, très pieux et respectueux des dieux, s'interrogea longtemps sur le sens à donner aux paroles « I've been through the desert on a horse with no name ».

Le sens de la première partie était évident : ils allaient traverser le désert. N'importe quel chichimèque pouvait comprendre ça. Mais les chevaux ? Qu'était-ce ? Ne le sachant pas, les aztèques n'eurent d'autre choix que de chercher. Cette longue recherche pour constituer les fondements de l'équitation aztèque fut une des raisons avancées pour la longueur de leur traversée du désert. Leur premier réflexe fut de demander de l'aide aux toltèques, leurs voisins, espérant ainsi obtenir une réponse rapide de ce peuple civilisé et raffiné. Mais si les toltèques étaient avares de leur avis, ils l'étaient moins de leurs insultes, et ils chassèrent nos braves amis qui en conçurent beaucoup de rancune envers les toltèques.

Il leur apparut alors que, ne sachant pas ce qu'était un cheval, ils devaient envisager qu'il s'agissait peut-être d'une chose qu'ils connaissaient déjà, mais dont le dieu aurait codé volontairement le nom pour tester leur foi. Les dieux ne parlent pas de choses qu'on ne peut pas trouver. Ils se mirent donc à essayer toute sorte de moyens de locomotion.

Un des premiers essais fut l'agave, qui présente l'avantage de ne pas bouger quand on cherche à l'attraper pour monter dessus, mais qui présente deux désavantages majeurs : s'assoir dessus est un problème épineux, et elle ne vous transporte pas à travers le désert une fois qu'on a réussi à s'assoir. Ayant acquis une connaissance pointue de l'agave, ils purent en déguster le suc et apprirent à le faire fermenter. Cela permettait à leur esprit de voyager, quoique pas toujours très loin, mais ils en conçurent malgré tout beaucoup de rancune envers ces plantes bien agressives.

Ils testèrent ensuite quelques animaux : le serpent fut vite abandonné en raison de sa petite taille. Les oiseaux furent également assez vite mis hors de cause, prétendument pour la fragilité de leurs plumes et pour protéger leur statut d'artistes. Même l'aigle fut oublié, en grande partie parce qu'il était quasi impossible d'en attraper un vivant. Ils mirent plus d'espoir dans les pumas et les jaguars, mais durent se résoudre à tuer leurs espoirs avant que ceux-ci ne les mangent. Ils tentèrent les dauphins avant de se rappeler que les dauphins ne traversaient pas le désert. Ils finirent par abandonner, et en conçurent beaucoup de rancune envers ces animaux qui refusaient de les porter.

A force d'errances, ils finirent par trouver, sur le site de l'actuel Mexico, le fameux signe qui les attendait : un aigle juché sur un cactus et mangeant un serpent. Ils étaient arrivés au but, et ne savaient toujours pas ce qu'était un cheval, ni pourquoi le leur ne devait pas avoir de nom. Ils avaient donc tourné en rond pendant des siècles pour rien. Ils en conçurent beaucoup de rancune envers Huitzilopochtli, mais comme un dieu a toujours raison, il allait falloir que quelqu'un paye pour lui. On a vu le résultat.