01 juillet 2008
Rétrogalinovoïdité: Voyage aux commencements.
Ecrit par Mordicus!
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Chers amis, estimés collègues, chers étudiants, chers lecteurs, chers bourgs.
J'aime les titres pompeux. Ce goût bombastique m'est venu de la lecture
assidue du magasine Science et Vie pendant 3 bonnes années, après quoi
un court passage en clinique de désintoxication ne m'en a pas guéri,
comme vous pouvez le constater.
Rétro-galino-ovoïdité: Voyages aux commencements.
Ça sonne bien, non?
Bref.
Le QDOODLPEVLP (ça se prononce comme ça s'écrit, c'est-à-dire mal.[Bon,
disons « queudoudeulpeuveulpe »]) est une discipline qui a pour mission
de chercher une réponse, s'il en existe bien une, à une question
tautologique fondamentale dont la simple mention fait trembler jusqu'à
ses confins les plus obscurs les frêles bases de l'humanité, que
dis-je, de l'existence elle-même!(-1)
Trouver la réponse à cette question, ce serait à jamais vaincre par la
brillance de l'intelligence humaine le noir spectre de la Mort même!
Mais je m'emporte à faux.
La question est la suivante:
Qui De l'Œuf (gallus prezygoticos ) Ou De La Poule (gallus domesticus) Est Venu Le Premier?(0)
En voilà, une colle.(1)
Cette interrogation existentielle a nargué les scientifique de tous temps.
Déjà l'art pariétal du Paléolithique supérieur traduit dès ses
premières expressions, comme à la grotte Chauvet (31 000 ans avant
Desproges) un sens de l'observation aigu de l'anatomie de la poule.
Ce sont bien là les prémisses d'une réflexion millénaire qui occupera à jamais les savants et les ménagères de plus de 40 ans.
Les grecs aussi cogitaient, mais de toute façon ils savaient faire que
ça. Sauf Plutarque. Ils y ont tous réfléchi, mais pas Plutarque, hier.
Spine osa, lui aussi.
Oh, je sais, nombre d'entre vous seraient prompts à répondre « 42 !»
Je demanderai à mes éminents collègues duoquadragiesologues de se
pencher plus avant sur la question, mais avouez que comme réponse, ça
la fout mal.
C'est comme si je demandais:
«- Qui de l'œuf ou de la poule est venu le premier?
-Oui. »
Ça ne nous aide pas.
Bref.
Je conçois que la question est déroutante. Le commun des mortels aurait
tendance à répondre: « Qu'est-ce que je m'en branle ?! ».
C'est là le lourd fardeau des hommes (2) de science – et Owen (3) ne me
contredira pas sur ce point – que de s'investir dans des recherches qui
n'intéressent qu'eux et une poignée de laborantins arrivistes
lèche-culs.
Mais les scientifiques ne sont pas des pleutres, ah ça non!
Ce sont même des casse-cous intrépides, qui manient des éprouvettes et des paradoxes sans même suer du dos!
En vérité, je vous le dit, on n'encule pas une poule sans casser de œufs.
Certains spécialistes affirment que chercher une réponse à ce problème
fondamental, c'est s'attaquer à la trame de la fabrique de la réalité.
Ils avancent qu'au moment de trouver une réponse, l'univers entier se
renversera sur lui-même comme une crêpe (ou un pancake, pour les
scientifique anglo-saxons), inversant l'ordre des choses, juste pour
qu'on ait tort.
Nous allons voir ci-dessous s'affronter deux camps: ceux qui disent que oui, et ceux qui disent que non.
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », nous disait Anaxagore de Clazomènes.(4)
La Loi de la Conservation tendrait à nous rassurer: il n'existe pas de réponse à la Queudoudeulpeuveulpe.
De la même manière que « C'était mieux avant » existe depuis la nuit
des temps, l'œuf et la poule étaient là en même temps. Ou n'étaient pas.
Peut-être sont ils apparus simultanément, la première poule couvant le premier œuf?
La théorie de la relativité(5) nous propose une autre version: la poule
et l'œuf sont des concepts inventés par l'homme, qui y a ajouté un lien
de cause à effet.
Ou encore la physique quantique, qui nous permet de dire que l'objet 1 est À LA FOIS la poule et l'œuf.
Bref.
Une étude récente (42) nous pousse à croire tout le contraire.
Elle dit que c'est l'œuf.
Et puis alors lui y dit qu'y s'en fout.
Alors elle elle répond qu'elle s'en fout aussi.
Et alors lui y dit Oui, mais alors et les paradoxes avec les lois physiques?
Et elle elle dit S'toi l'paradoxe.
Or, rendez-vous compte!
Prouver qu'il existe une réponse à la Queudoudeulpeuveulpe, c'est
contredire des lois physiques séculaires! C'est étayer des théories de
complot extraterrestre; c'est donner raison aux cons qui croient encore
à la véracité du récit d'Adam et Ève; c'est, enfin, filer un point de
plus pour cette stupide théorie du Big Bang.
Bref, c'est admettre qu'il y a un début aux choses.
Et admettre qu'il y a un début, c'est admettre qu'il y a une fin.
Et ça je suis pas d'accord, d'abord.
Bref.
Voilà, avec toutes ces histoires d'œufs et de poules, je me suis brouillé; J'aurais pas dû faire la t'œuf et me pocher, hier soir; c'est pas pour les femmelettes!(6) Je me sens à plat; je vais aller faire mouillette dans un bain, histoire de me tremper les mollets.
À vous les studios!
I am the eggman, wooooo, I am the eggman, woooooo, I am the walrus ! Goo goo goo joob!
http://fr.youtube.com/watch?v=cqOKvonLrH8
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(-1)Indice chez vous, si vous lisez à voix haute: reprenez votre respiration.
(0) Les deux, au fond, cessez de ricaner, ou vous sortez.
(1)Saviez-vous qu'on peut faire de la colle à partir de blanc d'œufs?
(2)Et des femmes, ne soyons pas sexistes; les femmes ont aussi,
désormais, le droit d'être intelligentes et de vouloir faire sauter la
planète.
(3)Célèbre branleur d'oursins du début du 21ème siècle.
(4)Qui c'est, 'cui-là?
(5)Vulgarisons tous gaiement! Ouais!
(6)Ou les hommelettes, ne soyons pas sexistes; les femmes ont aussi,
désormais, le droit de baver. Tout se perd, décidément, tout se perd,
mes aïeux.
(42) http://www.guardian.co.uk/science/2006/may/26/uknews
Phonétique du Film Muet
Ecrit par Shay
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Il tombe sous le sens commun que parmi les impératifs obligatoires
faisant force de nécessité à l'émergence d'un succès dans le milieu
cinématographique, l'importance d'un bon jeu d'acteur est primordiale.
Et cette primordialité est de prime importance, non seulement eu égard
à la crédibilité personnificatoire du film, mais également à l'impact
émotionnel sur le public.
Là où un bon acteur entraîné fera trembler les salles, au cours d'un
dialogue enflammé et empli d'héroïsme pendant l'ultime combat de
l'Humanité contre les envahisseurs hommes-tamanoirs mutants enragés
mangeurs d'hommes venus de l'espace, le mauvais acteur n'éveillera que
le doux ronflement d'un public subitement narcoleptique, ou même le
placide grésillement du vol de l'unique mouche survivante de la salle.
Or, si le jeu d'acteur purement physique est une chose, le jeu verbal,
le phrasé, tout ce qui traduit l'émotion de façon orale, en est une
tout autre.
C'est là affaire de jeu mais aussi de langage, de prononciation : de phonétique.
Évidemment, des cours d'acteur existent, ces choses là s'apprennent et
s'enseignent et s'intructionnent, et même que parfois certains
finissent par en retenir quelque chose, ou alors on compense avec de
gros effets spéciaux et/ou la mort tragique et brutale de l'acteur (1).
Mais il est une discipline filmatographatoire encore plus délicate et
dangereuse à aborder pour l'acteur néophyte peu aisé avec la phonétique
: le film muet.
Certes, de prime abord, on pourrait croire que, franchement, la
phonétique pour un film qui parle même pas, on s'en fout un peu
beaucoup.
Certes, de second abord, on pourrait, dans un sursautatoire élan
d'humanisme, songer un bref instant aux sourds et mal-entendants qui
souffriraient mal, étant à même de lire le texte sur les lèvres des
acteurs, de ne percevoir qu'une pantomime de diction mal finie par un
acteur peu scrupuleux d'apprendre son texte quand personne ne va
l'entendre.
Certes, de tierce abord, on pourrait se dire que merde à la fin, ils
ont qu'à lire les textes quand il s'affichent et puis c'est tout, c'est
déjà bien beau qu'on s'emmerde à faire des films sans composante
audiophonique dans le vague et vain espoir d'un semblant d'égalitarisme
pour ces gens qui font rien qu'à piquer un caprice après.
Mais c'est là bien ignorer le fonctionnement intrinsèque du film muet.
En effet, peu de gens le savent, mais les panneaux noirs et blanc
servant de support textuel au film muet, doivent en vérité être
PRONONCÉS par les acteurs !
Une performance qui tient de la prouesse, et qu'il est loin d'être donné à tout le monde de maîtriser correctement.
C'est ainsi qu'est née la discipline de Phonétique du Film Muet, qui
consiste donc en l'art de prononcer des carrés noirs et blancs avec du
texte dessus, et mieux encore, temporellement décalés par rapport à
l'action.
Cette discipline, qui mêle une étroite délicatesse, une grande
sensibilité artistique et une somme considérable d'efforts, souffre
hélas d'un important manque d'engouement, lié selon certains à son
profond et total inintérêt.
Ce qui explique pourquoi elle a été en définitive totalement abandonnée, au profit de films bassement sonores.
(1) Au sens filmatoire autant qu'au sens réel. Certains réalisateurs sont très tatillons sur le jeu d'acteur, et les mauvais acteurs se trouvent à la pelle. Et quand bien même on en trouve pas, on a qu'à prendre un sportif connu ou une chanteuse à poitrine centripète, et c'est bien assez comme ça.
22 juin 2008
Anatomie des kangourous de Bourgogne
Ecrit par Mezcal.
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« Mais qu'est-ce que ça peut faire
Comme bruit un kangourou
Ça peut pas faire cui cui
Ça peut pas faire miaou
Personne ne sait vraiment
Quel est le bruit qu'il fait
Peut-être que finalement
Le kangourou est muet. »
Enigmes insondables de la nature ! Combien d’explorateurs, combien de scientifiques sont partis en quête de la découverte ultime, celle du cri du kangourou, et ont disparu irrémédiablement…
N’écoutant que mon courage pour satisfaire votre curiosité insatiable, je me suis rendu, juste armé de ma b* et de mon couteau, dans une réserve de kangourous sauvages, en Bourgogne.
Après m’être arrêté à Chablis, Mercurey, Beaune et Nuits-Saint-Georges pour m’armer de courage, je me suis enfoncé, seul, dans le bush bourguignon.
Très vite, j’arrive à repérer un mâle, en train de brouter de l’herbe et des matières fécales. Son mufle énorme fouille le sol, tandis que ses quatre tentacules surveillent les environs avec leurs yeux. Sa langue râpeuse s’agite de façon obscène.
Afin de déjouer sa vigilance, j’enfile mon camouflage de ceps de vigne
et m’enduit de bave odorante. Progressant par lentes reptations, je
contourne le fauve pour me positionner du côté de la jointure de sa
coquille et de son pied unique.
Vif comme l’éclair, je lui enfonce alors un doigt dans son orifice
respiratoire et un autre dans son anus. Malgré ses cabrioles
frénétiques pour se libérer, je tiens bon et il ne tarde pas à
s’évanouir, en lâchant un pet de désespoir.
Après l’avoir attaché, je commence à le disséquer, en introduisant un
scalpel dans son orifice de reproduction et de ponte situé à droite de
la tête, afin de mettre à jour ses cordes vocales.
Et là ; eurêka ! Luisantes et dorées, ses cordes vocales en forme de saxophone apparaissent. C’était donc cela ! Les kangourous de Bourgogne sont en fait des jazzmen, venus au début du siècle de la Nouvelle Orléans. S’ils ne répondent jamais aux interpellations des hommes, c’est parce que ceux-ci négligent d’amener avec eux un big band…
Pressé de révéler ma découverte au monde entier, je m’éloigne en sifflant « When the Kangoos go marching in ». Le Prix Nobel m’attend !
NDLR : renseignements pris, la cure de vin de Bourgogne suivie par Mezcal lui a fait commettre une grave erreur d’appréciation. Nous vous donnerons de ses nouvelles à l’issue de sa cure de désintoxication
20 juin 2008
Les pré-présocratiques
Ecrit par DocteurG
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Moins trois cents nonante neuf ans avant Jésus Christ, un autre prestidigitateur célèbre décédait en buvant une décoction de ciguë. A vrai dire, c'est après avoir bu que Socrate décéda. Socrate, penseur génial qui a réussi à convaincre beaucoup de bien moins malins que lui à croire que corps et esprit étaient deux mondes radicalement opposés et que chacun n'occupait pas le même barreau sur son échelle de valeurs. Platon, un pique assiette réputé a repris à son compte ces élucubrations, ces dernières ayant fait florès encore aujourd'hui de nombreuses personnes pensent que leur esprit réside dans une âme qui survivrait au corps une fois ce dernier calenché, ce minable !
Selon les théories les plus avancées la grande ciguë (Conium maculatum), une ombellifère de la famille des apiacées, plante bisannuelle que l'ou trouve au bords des chemin, des cours d'eau ou dans les haies produit cinq alcaloïdes dont la conine. Infusée dans l'eau cette molécule se dissout, pénétrant dans l'être humain (lors de son absorption orale par exemple) elle provoque céphalées, paresthésies, paralysies et convulsions qui s'accompagnent du décès par paralysie respiratoire.
On considère parfois, cela est même enseigné dans quelques écoles, que Socrate est le père de la philosophie. Si l'Homo était déjà sapiens sapiens sa pensée était encore juvénile avant Socrate, je crois même qu'il n'avait pas encore atteint l'âge de raison. Encore un qui devait confondre la ciguë avec les carottes sauvages. La pensée philosophique serait apparue avec un homme et un seul. Cela commence fort à ressembler à une historiette, un conte fabuleux pour enfant (qui par définition n'a pas atteint l'âge de raison). L'idée du sauveur unique, du père de la philosophie et de l'âme salvatrice et pérenne m'effraie, comme la chouette ou le fond de l'air. "M'effraie", je devrais modérer mes propos ; me parait trop simpl(ist)e pour être mieux qu'une arnaque intellectuelle voire historique.
Mais comment vérifier si la pensée philosophique préexistait à Socrate
? Rien de plus simple : il suffit de se rendre chez Socrate il y a
2400ans.
Bien sur une fois sorti du périphérique la signalisation laisse fort à
désirer et on se perd en un rien de temps. Ce qui fait que, lorsque je
croyais arriver chez ce bon vieux Socrate à son tonneau de campagne au
bord d'une rivière et qu'un bonhomme échevelé en sortit, je saluai ce
dernier d'un "salut papa !" (1) l'énergumène écarquilla les yeux et me
demanda de me taire et me montra une truite en train de frayer et
m'expliqua que la truite déposait sa laitance sans complexe sur les
pierres du lit de la rivière et que nous devions nous comporter de
même. Tandis que je commençais à me déshabiller Socrate me parlait des
plaisirs multiples du corps et de l'esprit. C'est quand je lui
touchais… deux mots sur Platon qu'il cessa son discours et qu'encore
plus interloqué et un peu courroucé, je crois qu'il n'aimait pas trop
le père Platon, qu'il me dit : "hé con, tu me prends pour Socrate ou je
rêve ?". Effectivement je cherche un homme, qui s'appelle Socrate.
C'est la que Diogène me délia de ma méprise, je n'avais pas pris le bon
embranchement, avais suivi les mauvais directions aux bifurcations de
mon chemin philosophique, je n'étais pas à la bonne époque, pas au bon
endroit, et riant de ma méprise il m'offrit sa tournée d'ouzo et
m'indiqua le chemin à suivre pour me rendre chez Socrate.
Je repartis, baguenaudant dans les champs de carottes sauvages, en direction d'Athènes. En passant par Herculanum, ne me demandez pas comment me suis-je débrouillé pour me retrouver là, j'avais oublié le plan que j'avais de la région, ma boussole est faussée, j’avais mal tiré la bobinette (quant à faire choir la chevillette…) et mon sens de l'orientation est plutôt brouillon. Je suis arrivé à une bâtisse emplie de statues. J'y reconnaissais Zénon de Citium, Epicure, Sappho, Démosthène et même un cochon. Bien, je m'étais rendu chez des épicuriens, donc des philosophes, au moins pourraient-ils me renseigner sur le chemin à emprunter jusqu'à la demeure de Socrate.
Finalement c'est Philodème qui me reçut, il se marrait tout le temps.
Quand je lui expliquai que je cherchais Socrate pour savoir s'il est
bien le père de la philosophie il se marra de plus belle. Il m'expliqua
que vouloir une vie philosophique est un excellent but, chargé de
plaisirs mais qu'il doutait que celle de Socrate me soit d'une
quelconque utilité pour un épanouissement personnel. Il m'encouragea à
mener une vie contemplative, celle du penseur soucieux de construire
son existence comme une œuvre d'art équilibrée, harmonieuse et
autosuffisante. Je pris congé après quelques temps de vie communautaire
hédoniste et repartis sur la route qui me dirigeait vers Athènes.
La carotte sauvage (Daucus carota), plante bisannuelle commune de la
famille des apiacées ne sent pas très bon mais son odeur me séduit
particulièrement, certainement à cause de réminiscences enfantines.
J'arrivais aux alentours de Milet vers -390 avant JC sous une chaleur accablante. De ce soleil qui ne concède aucun répit dans sa luminosité qui comprime l'air tellement qu'il en devient difficile de l'inspirer, que chaque exhalaison vous coûte des suées qui en détrempent les sourcils. Ma fortune pour un noyer ! (2) Mon bras pour une ombrelle ! Et qu'un quinqua fringant, peu vêtu mais frais vue la température ambiante, me héla : "Pourquoi que tu restes dehors alors que j'ai du raki à l'intérieur ?".
Assoiffé, je n'ai pas hésité, je l'accompagnai dans l'intérieur obscur
et frais de sa bâtisse. Il avait disposé des planches sur la fenêtre,
ménageant une ambiance feutrée avec quelques rais de lumière qui
pointaient des détails aléatoires dans la pièce au gré des heures de
l'après midi. Sur le sol une couche où l'homme m'invita à prendre
place. Sur le ton de l'amitié nous triquâmes au raki et à la
philosophie. Je luis exposais mon idée d'aller voir Socrate, et hop un
raki !, pour savoir s'il s'était inspiré de prédécesseurs, et hop un
raki !, ou s'il était l'inventeur de la philosophie, et hop un raki !
Nous étions agréablement allongés, mais avec un tonus encore certain,
et grignotons quelques carottes sauvages. J'étais bien, confortable
même, et je ne souffrais plus de cette accablante puissance solaire, je
tétais le sein de la philosophie et la logorrhée de mon hôte
m'abreuvait. Et hop un raki !
Quand nous eûmes fini la troisième amphore (des petites nous ne sommes
pas des poivrots !) j'essayais de me redresser et suite à ma maladresse
je chus sur la couche. Une brassée de poussière emplit la pièce. Et
l'autre, tout ivre, me montra un rai de lumière empli de particules et
déclara que c'était bien sale chez lui. Je lui fit remarquer que
regarder le mauvais côté des choses ne permettait pas de profiter fort
de la vie et qu'il ferait mieux de regarder les endroits que la lumière
ne balayait pas, au moins n'y voyait-on pas la poussière. Notez bien
que je luis dit ceci sans aucune acrimonie, fut-elle éthylique, dans la
voix, d'ailleurs son visage s'éclaire à ma remarque et mon ami me
tendit une nouvelle rave de carotte sauvage à chiquer. Son visage
s'éclaira. Bien sur ! La réalité et le monde se basaient sur des
simulacres, des atomes invisibles dansaient perpétuellement dans l'air
et même constituaient les choses, les êtres et la matière. Il y avait
une unicité universelle, pas de scission possible. Et hop un raki ! Il
n'existe que des atomes, du vide et les mouvements effectués par les
premiers dans le second. Et hop un raki ! Ce sont les diverses
associations des atomes qui constituaient les différentes parts de la
réalité que nous percevons. Et hop un raki ! Il développa sa théorie
hédoniste jusqu'aux heures du soir, les rais de lumière étaient si
ténus qu'on n'y voyait presque plus le ballet des atomes. Il développe
tant qu'il m'affirma des choses envoûtantes : on peut congédier les
dieux, il faut vivre dans le présent, le plaisir est le but ultime de
la vie. Et hop un raki ! Et pourquoi le cacher, j'avais oublié Socrate
et sa pensée me semblait imbécile et creuse, voire même dangereuse. Et
hop une carotte sauvage ! (3) Du coup l'envie de le voir ne me
séduisait plus du tout autant qu'au épart de mon périple. C'est alors
que je laissai mon ami qui m'offrit un dernier raki pour la route. Je
m'en retournai chez moi. C'est convaincu que seuls les plaisirs de tout
poil nous élevaient au rang d'humain pensant que je repartis avec
Leucippe sur la tête.
(1) N'est-il pas censé être le père de la philosophie ?
(2) Le saviez-vous ? L'ombre du noyer est réputée pour être malsaine tellement elle est dense.
(3) Faut bien éponger l'alcool un peu non ?
19 juin 2008
Morphématique du Morse
Ecrit par Sayyadina.
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Ah quel beau langage rythmique que le morse !
On se demande parfois comment une espèce animale, à priori pas plus intelligente qu’un pingouin a pu inventer un moyen de communication autant complexe que le morse.
Telle est l’erreur d’une question que l’homme ne devrait pas se poser. En effet les morses n’ont rien à voir avec le langage du même nom. De même que Philippe Lavil qui, bien qu’il tape sur des bambous, n’a pas inventé la rythmique saccadée d’un Ti Ta Ta Ti Ta.
Le morse, comme son nom ne l’indique pas est un langage codé visuel ou rythmique.
Langage binaire composé de Ti (points) et de Ta (traits), il est
nécessaire de disposer de bras, de doigts, d’un bâtonnet ou d’une lampe
de poche et de vouloir communiquer à plusieurs de façon discrète.
Par exemple montrer son mécontentement dans les toilettes mal nettoyées de votre voisine de 142 ans en tapant sur les murs avec le balai brosse «.- / .--. ..- . / .. -.-. .. » (« Ça pue ici »). Les autres invités de ce thé dansant se retiendront d’uriner ou iront emprunter une couche pour incontinence à la plus âgée des convives présentes.
L’articulation est importante, imaginez que vous ayez dit « venez me rejoindre pour une partouze » (1) au lieu de « SOS au viol ! »(2) les conséquences ne seront pas les mêmes. Je suis bien consciente que dans un moment de danger maximal, on peut faire quelques erreurs de prononciation, surtout si votre agresseur vous étrangle.
Aujourd’hui, plus personne ne respecte la phonétique et l’intrusion du langage SMS remplace de plus en plus les accents et la ponctuation, le morse reste très attaché à une règle de grammatologie musicale :
- Le trait est toujours trois fois plus long qu’un point.
Faute d’évolution contemporaine, le morse est voué à devenir une langue morte uniquement utilisée à des fins peu glorieuses par des braqueurs de banque à coup de klaxons fort discrets. « Heps, les flics arrivent nous on se tire, désolé pour toi.»(3)
Cette absence de modernisation du langage a été mise en évidence avec l’impossibilité pour les rappeurs de conjuguer les traits, ils ne connaissent que le poing levé.
Par contre, il est étonnant de voir cette forme primitive de langage fonctionner encore très bien en communication étrangère.
En effet, les extra-terrestres usent fort bien du morse et magnifient l’extraordinaire variété des Ti et des Ta. (4)
Utilisant les plus belles sonorités musicales de ce langage les envahisseurs ont trouvé le moyen ultime d’ouvrir une discussion avec notre espèce, les hommes pris d’une envie de se dandiner sur le dance floor ne pensent plus du tout à déchiffrer le message codé « Vous allez tous mourir » (5) et ne se plaignent pas de l’injustice qui va leur arriver.
Il est donc fort recommandé aux jeunes d’abandonner le sms et le rap et
de reprendre l’étude approfondie du morse, afin de sauver la planète !
. - / .--. .-.. ..- ... / ...- .. - . / --.- ..- . / -.-. .- (6)
(1) ...- . -. . --.. / -- . / .-. . .--- --- .. -. -.. .-. . / .--. --- ..- .-. / ..- -. . / .--. .- .-. - --- ..- --.. .
(2) ... --- ... / .- ..- / ...- .. --- .-..
(3) .... . .--. ... --..-- / .-.. . ... / ..-. .-.. .. -.-. ... / .- .-. .-. .. ...- . -. - / -. --- ..- ... / --- -. / ... . / - .. .-. . --..-- / -.. ... --- .-.. / .--. --- ..- .-. / - --- ..
(4) http://www.dailymotion.com/video/x2wdl7_rencontres-du-3eme-type-langue-des_shortfilms
(5) ...- --- ..- ... / .- .-.. .-.. . --.. / - --- ..- ... / -- --- ..- .-. .. .-.
(6) Et plus vite que ça !
17 juin 2008
Histoire de l'agriculture antarctique
Ecrit par Cassinéa.
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Mes chers lecteurs, je viens ici ce jour afin de vous instruire sur un sujet hautement important pour l’avenir de l’Humanité toute entière. Car, comme vous le savez, c’est le passé qui fait notre futur !
Afin que je puisse vous expliquer quelle est l’histoire de
l’agriculture en Antarctique, permettez moi de revenir à l’agriculture
dite « normale. »
Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a des milliers d’années, la plupart
des peuples de cette belle planète bleue qui est la nôtre étaient
nomades. Lorsqu’ils se sont sédentarisés,pour des raisons diverses, il
a bien fallu apprendre à se nourrir et surtout nourrir le bétail qui
servait de denrée quotidienne. La chasse c’était bien mais il était
temps de passer à autre chose. Nos ancêtres ont donc décidé de faire de
l’élevage mais aussi de produire leurs propres légumes et céréales dans
leur petits pâturages autour de leurs yourtes entourées de jolies
barrières blanches, avec leur chiens et les enfants qui couraient dans
l’herbe (1).
Ahem, pardonnez moi je m’égare.
Donc, nos ancêtres ont lancé l’agriculture biologique (oui à l’époque il n’y avait pas de pesticides et autres produit chimiques qui font que maintenant notre jolie planète bleue est toute malade).
Mais cette agriculture avait besoin d’eau… et bon l’eau c’est une ressource qui n’étaient pas inépuisable à leur sens, ils se sont donc dit qu’il fallait prévoir l’avenir et qu’il devait donc y avoir un endroit où ils pourraient emmagasiner d’énormes réserves d’eau pour leur futurs plantations.
Partirent alors un petit groupe d’hommes assez forts qui décidèrent de
trouver le lieu idéal à cette implantation de réserve d’eau.
Ils marchèrent durant des jours et des jours, voguèrent sur des mères
déchainées et arrivèrent sur un continent où il pleuvait peu, mais
neigeait un peu, où il n’y avait pas de végétation autre que quelques
mousses et lichen, quelques animaux majestueux ou non… et décidèrent
que ce serait là où personne n’avait colonisé l’espace libre qu’ils
allaient planter le pavillon de leur futur liberté, leur réserve d’eau
!
Commença alors un long et fastidieux travail, où nos amis nos ancêtres commencèrent à planter des millions et des millions de petites gouttes de glace qui seraient amenées un jour à se multiplier par la volonté d’un homme, le chef, qui leur jeta un sort avec ces mots : « Et maintenant croissez et multipliez pour le bien de l’espèce humaine ».
Ainsi, depuis des milliers d’années, ces territoires que l’on croyait désertiques ne sont en fait que le résultat des débuts de l’agriculture moderne, car nos ancêtres prévoyants avaient fait, sur ce continent, les premiers pas vers l’agriculture moderne qui, de plus, permettra un jour de nourrir nos enfants, de leur permettre de ne jamais mourir de soif, par la présence de cette eau pure. (2)
Je vous laisse observer quelques images, les résultats du travail de nos ancêtres bien aimés.


(1) et parfois y tombait comme Carrie Ingalls.
(2) A moins qu’elle ne les tue tous lorsque les réserves vont fondre, si ça arrive un peu trop vite.
16 juin 2008
Les pré-présocratiques
Ecrit par Anankè
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Nul doute que la philosophie existe depuis l'homme des cavernes. De tous temps, les hommes ont cherché à comprendre le monde qui les entoure pour mieux saisir le sens de la vie. Dans le sein des cavernes, ils ont recherché la pierre cachée dans l'ombre de la terre, qui leur dévoilerait la lumière intérieure de la connaissance. Sans relâche, hardiment, ils se sont mis en quête de la vérité par laquelle le monde leur serait enfin expliqué.
Naturellement, le temps détruisant ce que l'homme édifie, il est malaisé de retrouver ces premiers pas de l'homme sur le chemin de la sagesse. Il semblerait cependant que le premier philosophe dont nous ayons connaissance ait vécu à l'Âge de Pierre : un dénommé "Glllrr" ("Pierre" en français moderne) aurait gravé dans la pierre un message dont le sens serait à peu près "Le fleuve coule." Ces paroles, d'une grande profondeur philosophique, auraient notamment influencé Héraclite dans sa réflexion sur l'être et le passage.
Toutefois, retrouver le sens originel de tels propos présente une difficulté particulière en un temps où le logos (discours raisonné) n'était pas encore clairement distinct du muthos (mythe.) Ainsi lorsque "Sfffrr" ("Silex") écrivit "Le feu éclaire", il fallut des siècles et des siècles avant de conclure qu'il ne s'agissait pas proprement d'un propos philosophique, mais d'une réflexion mystique dont Plotin s'inspira assurément pour fonder le mysticisme platonicien.
Il est ainsi heureux de constater que ces premiers balbutiements de la philosophie furent perpétués au point de se retrouver dans les textes des socratiques : ainsi, au livre VII de *La République*, Platon décrit avec bonheur les pré-pré-socratiques qui sortirent de leur caverne pour découvrir la lumière du soleil et furent de ce fait les premiers initiés de la philosophie. Il rappelle ainsi combien précaires furent ces débuts, car lorsqu'ils redescendirent dans la caverne, appelés à table car le mammouth était cuit, il n'eurent pour réaction que ce propos : "tais-toi et mange".
Au nom de la vérité et de la connaissance, le combat de la philosophie contre l'obscurantisme avait débuté et ne cessa plus désormais, comme en témoignent ces paroles inchangées encore aujourd'hui : "ce n'est qu'un début, continuons le combat." La philosophie avait désormais de beaux et longs jours devant elle.
Il me faut maintenant vous rappeler un cours que je reçus il y a quelques années, un cours sur Hegel et sa dialectique maître/esclave. Il va sans dire que j'accorde à cette présentation de la pensée hégelienne un absolu crédit.
Ainsi, l'homme, en tant qu'homme, est né à l'âge des cavernes, dans l'inter-subjectivité de la lutte anthropogène. L'inter-subjectivité, c'est quand on est plusieurs, et l'anthropogène, c'est quand ça devient humain. Donc.
Glllrr et Sfffrr se rencontrent sur un chemin à flanc de falaise : l'étroitesse du chemin implique que l'un des deux se jette dans le vide pour laisser passer l'autre. C'est une affaire de vie ou de mort : l'un et l'autre sont armés de gourdins, et n'hésiteront pas à en faire usage. Se toisant mutuellement (car tout passe par ce regard mutuel), ils sont engagés dans une lutte à mort. L'un deux refuse que sa vie dépende de l'autre, et la joue en faveur de sa liberté : c'est un défi où chacun se dit prêt à mourir. Si l'autre renonce à la lutte, il reste dans la logique de la vie (manger le mammouth, niquer la femme des cavernes, dormir dans les grottes) et abandonne sa liberté : il devient l'esclave de l'autre, et après (bien après) ça donne l'URSS et mai 68.
Aussi, plus encore que d'être l'Âge qui vit les premiers philosophes naître le jour, l'Âge de Pierre est celui où l'homme, après être descendu de l'arbre, se distingue du s... anthropoïde pour devenir Homme et se demander si c'est le dinosaure qui fait l'oeuf ou l'oeuf qui fait le dinosaure. Même si ça n'existait déjà plus.
Car tel est l'apanage de la glorieuse philosophie, Reine des Sciences, qui peut avoir pour objet de pensée cela même qui n'existe pas.
14 juin 2008
ophtalmologie gastrique
Ecrit par Tif
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Je vous parle aujourd’hui d’une science née pour résoudre un problème que nous avons tous un jour où l’autre, discipline bien trop méconnue à tort par les temps qui courent, qui d’ailleurs ne reconnaissent par grand-chose : l’ophtalmologie gastrique.
Je sais ce que vous allez me dire, mais je m’oppose avec virulence à cette critique facile trop souvent élevée contre cette noble science : l’ophtalmologie ou étude des maladies de l’œil, n’a pas de rapport avec le mot « gastrique » qui fait lui référence à l’estomac. Que nenni, insouciants ! Le lien est évident, pourtant, et ne doit qu’à votre ignorance d’être ainsi bafoué. L’ophtalmologie gastrique fait, évidemment, référence à l’étude des yeux du ventre.
Si vous ne voyez toujours pas, il s’agit de la preuve que vos yeux ne sont pas à la place à laquelle ils devraient être et je vous invite à prendre rapidement rendez-vous à mon cabinet avec ma secrétaire, vous pourriez avoir besoin de mes services. Je signale, pour avoir eu de mémorables expériences dans le passé, que vous êtes priés de bien vous assurer d’avoir compris que si l’on trouve à la fois sur ma porte les mots « cabinet » et « gastrique » ensemble, il ne s’agit nullement des toilettes de l’établissement, merci. Pour les distinguer, c’est simple, ma secrétaire ne porte pas de blouse et vous demande nettement plus qu’un pourboire à la sortie.
Pour utiliser un langage simple, l’étude des yeux du ventre est d’une fondamentale importance, car il est bien connu que les organes ont tendance à se déplacer au gré de vos humeurs ; ainsi il vous est certainement arrivé d’avoir l’estomac dans les talons, le cœur retourné, les boules au fond de la gorge. Je vous renvoie dans ces cas à mes éminents confrères dont c’est la spécialité, et revenons-en à l’ophtalmologie gastrique si vous le voulez bien. (1)
Imaginez un instant que vos yeux se soient déplacés au gré de ces mouvements organiques jusque dans votre estomac au moment où vous passez devant disons, une pièce montée pour 200 personnes recouverte de chantilly par exemple (2), et qu’il vous arrive brutalement d’avoir les yeux plus gros que le ventre ? Vous risquez purement et simplement l’explosion, et vous maudirez le dédain accordé jusque là à votre ophtalmologue gastrique de quartier en vous ruant chez lui, tordu de douleur.
Pour éviter ce genre de désagrément il aurait pourtant suffit d’une occasionnelle visite de routine pour vérifier que vos yeux restent à leur place. Le traitement est de choc, mais radical : une dilatation progressive de l’estomac, douloureuse mais salvatrice. En effet au bout de quelques séances, la vacuité de vos finances devrait faire que tout autour de vous soit un luxe, le moindre désir vous rendra donc les yeux plus gros que le ventre. Mais vous conviendrez facilement que la santé passe avant tout, et votre médecin se sacrifie pour vous en acceptant un payement qui lui interdit le traitement.
Quelle noble science que celle ou le médecin se met en danger pour ses clients ! L’ophtalmologie gastrique a, je vous l’assure, encore de beaux jours devant elle.
(1)Si vous ne le voulez pas également d’ailleurs, c’est ma conférence tout de même.
(2)Si vous n’aimez pas la chantilly, remplacez cette phrase par autre chose ou allez vous faire voir, j’ai pas que ça à faire.
12 juin 2008
Psychologie des foules dans le désert.
Ecrit par Sayyadina.
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La première chose à faire quand on veut étudier la psychologie des foules dans le désert est de trouver un désert.
Il ne faut pas croire que la tâche est aisée surtout en pleine ville.
Par exemple dans le métro, même en plein nuit, on peut y rencontrer des
types louches ou des musareilles (1).
Pourtant l’exemple du métro est fort intéressant, notamment dans le cas
fréquent dit du métro vide et des personnes agglutinées. Il est
fréquent quand on est dans un métro en dehors des heures de pointes,
assise tranquillement sur une banquette avec personne à côté, de voir
débarquer une personne qui s’assied à la place la plus proche de la
notre, voire même parfois débordant sur la notre.
Le mieux est donc de trouver un vrai désert, comme le Sahara par exemple, et je ne donne absolument pas cet exemple parce que c’est le seul nom qui me vient à l’esprit.
Un désert peut-être trompeur. Vu de loin, un désert peut sembler ressembler à une carte postale de désert. Des dunes de sable à perte de vue et un ciel bleu ébloui par le soleil et parfois quelques chameaux. En y regardant de plus près, un désert ressemble effectivement à l’image que l’on s’en fait.
Il n’est donc pas utile de se rendre sur place pour étudier un désert, l’observation de quelques images et photos souvenirs que l’on trouve partout dans le commerce suffise à notre étude.
Pour comprendre la psychologie des foules qui peuplent le désert, il suffit de poser une série de question aux foules que l’on peut y rencontrer.
La série de question que nous allons étudier n’en est qu’une parmi tant d’autres, mais elle a l’avantage d’être une série spécialement conçue pour le sujet qui nous intéresse.
Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Question 2 : quels sont vos moyens de résistance pour supporter la vie en groupe ?
Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Maintenant que nous connaissons les questions à poser aux foules du désert, il suffit de choisir une image de désert au hasard et de poser les questions directement aux habitants de la carte.
Exemple 1 : une photo d’un groupe de dromadaire couché sur le sable.
Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Réponse de la foule de dromadaire : « nous aimons vivre en groupe, en
famille.» « La solitude est un concept nihiliste. Le désert est
immense, vivons serré ? »
Le sens de la famille est très développé chez les dromadaires. C’est
pratique de se retrouver le dimanche avant la messe et s’adonner après
l’office au découpage du poulet et au choix cornélien de l’aile ou la
cuisse.
Il est ensuite très étonnant de constater que le refus d’occuper
l’immensité du désert pour s’agglutiner comme les humains dans le métro
est un signe très négatif pour entamer une carrière de chanteur. En
effet un chanteur qui n’occuperait pas la totalité de la scène sur
laquelle il se produit est voué à finir en chantant des tubes de
karaoké à la superette de la zone industrielle ou à la foire à la
saucisse.
Question 2 : quels sont vos moyens de résistances pour supporter la vie en groupe ?
Réponse de la foule de dromadaire : « on ne résiste pas surtout si elle est blonde à forte poitrine. »
Le dromadaire est humain après tout.
Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Réponse de la foule de dromadaire : « la paix c’est surfait, les chameaux sont nos ennemis depuis toujours. »
Si vous avez été un jour en présence d’un chameau qui vous crache son coca-cola à la figure parce qu’il est vexé que ce ne soit pas du coca light, vous pouvez comprendre cette haine viscérale entre les deux espèces animales voisines.
Conclusion de l’exemple 1 : les dromadaires sont des obsédés sexuels qui vont à la messe le dimanche.
Passons à la deuxième image.
Exemple 2 : une magnifique photo de sable couvert de silex taillé par l’homme, vestige de l’âge d’or de notre monde à l’agonie.
Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Réponse de la foule de silex : « on ne supporte plus, ce n’est pas
humain ce que nous sommes obligés de vivre. Des personnes que nous ne
connaissons même pas nous piétine continuellement, nous arrache à la
terre violemment et nous conduit dans des cages en verres ou de gros
yeux globuleux nous observe. »
Les foules de silex ne supportent pas d’être séparé, faut dire la plupart sont potes depuis des millénaires et les séparations sont d’autant plus cruelles qu’elles sont définitives. Il n’est pas rare que des familles de silex se retrouvent dans des cartons différents sans possibilité de se téléphoner pendant des décennies entière.
Question 2 : quels sont vos moyens de résistances pour supporter la vie en groupe ?
Réponse de la foule de silex : « la résistance c’est notre truc. On est
dur comme la pierre, tranchant comme une lame et solide comme le verre.
»
Bien que ce soit difficile à comprendre, les silex ne sont pas mous et la dureté de leur membre rajoute à leur réputation de beaux parleurs qui taillent des costards à leurs voisins les plus proches.
Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Réponse de la foule de silex : « vous voulez notre mort ? À quoi servirait-on si les hommes ne se faisaient plus la guerre?»
Il est rare de croiser des populations aussi peu au fait des nouvelles technologies. Nous avons pour des raisons diplomatiques évité de leur apprendre que les hommes ne se battaient plus depuis longtemps avec des armes en silex taillés.
Conclusion de l’exemple 2 : les silex ça pique !
Conclusion générale : pour parfaire cette étude inutile, il faudrait étudier d’autres populations comme les grains de sables, les musareilles (1), les métros dans le désert, les souris et les hommes, les dauphins aussi et bien sur les étoiles de mer.
(1)sorte d’araignée croisée avec des abeilles des villes plus connues sous le nom de musaraigne des campagnes ou erreur orthographique faisant rire des foules sur un forum.
10 juin 2008
Les colonies de la principauté de Monaco
Ecrit par Mezcal
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Depuis qu’en 1297, le mercenaire et brigand François Grimaldi s’est emparé par la ruse de Monaco, ses descendants règnent sans discontinuer et constituent la plus ancienne dynastie actuelle régnante du monde. Si on connaît par cœur les rebondissements de la vie amoureuse et les exploits de conduite automobile de la famille, une chape de plomb est posée sur l’histoire expansionniste de cette lignée. Si on apprend, par des voies détournées, que Monaco a annexé dans l’histoire et de façon plus ou moins longue Menton, Antibes, La Condamine ou Roquebrune, ces quelques indications éparses ne peuvent satisfaire l’amoureux d’histoire.
Il est évident que :
- une dynastie fondée par un brigand cherche toujours à augmenter son pouvoir et satisfaire son goût du lucre insatiable ;
- quand on règne sans interruption pendant sept siècles, les occasions de guerres coloniales sont nombreuses.
J’ai donc fait des recherches dans de vieux grimoires oubliés, récupérés au péril de ma vie auprès de différents organismes maffieux, pour vous narrer une histoire faite de fer et de sang que jamais *Paris Match* ne révèlera.
Si François Grimaldi se concentra essentiellement, durant son règne, à engrosser toutes les femmes monégasques, son cousin, Rainier Ier, avec l’accord implicite de Philippe le Bel, se lança dans de premières expéditions de piratage et d’annexion. Dès 1304, il récupère sur les Hollandais l’île d’Iputupi, et tombe à cette occasion dans une faille spatio-temporelle, qui lui permet de réapparaître régulièrement dans toute l’histoire de la principauté, déguisé en vendeur de poissons, pour violer ses descendantes féminines. D’où la consanguinité séculaire dont les effets sont frappants chez le prince Albert… L’île d’Iputupi se situant hors du temps et de l’espace, il est difficile de discerner si elle est toujours occupée ou a recouvré son indépendance…
A noter que Charles Ier, en 1346, tenta vainement de faire de même en débarquant sur la plage de Neverland, mais ses troupes furent repoussées par la fée Clochette, le prince fut capturé et condamné à errer, depuis, avec une tenue moulante et un chapeau ridicule, de couleur verte de surcroît.
Marqués par cet échec, les coseigneurs Ambroise, Antoine et Jean se tournèrent vers l’Europe centrale et annexèrent successivement la Borostyrie après avoir fécondé la reine Olga, insatisfaite par son mari depuis dix ans, lors d’un gang bang, la Poldavie en endormant l’armée adverse par la lecture de cent mille milliards de poèmes puis, pour conclure, le Zotrland où ils introduisirent le gros nez et le chapeau melon. Ces occupations perdurèrent jusqu’au traité de Versailles de 1919, ce qui explique pourquoi encore aujourd’hui les liens sont forts avec cette région d’Europe et qu’on voit fréquemment, dans les rues de Monaco, de jeunes hétaïres slaves en micro-jupe, assises dans le baquet passager de Porsches cabriolet noires, conduites par des messieurs avec un caleçon sur la tête qui écoutent du Lofofora à fond.
Ces succès coloniaux incitèrent les princes de Monaco à maintes expéditions aventureuses, certaines victorieuses comme la conquête du Kafiristan par Honoré II, où il supplanta Alexandre le Grand comme dieu vivant, et du Lagash, où il se greffa un énorme diamant rose dans le fondement ; d’autres qui finirent en défaites cuisantes, comme les tentatives d’Augustin au Catung, où son armée dut fuir devant les pestilences des troupes ennemies dopées au flageolet, ou à Thélème, où les nonnes lubriques eurent raison de la fougue des assaillants.
La dernière conquête notable intervint sous le règne de Louis Ier, en 1704, quand une troupe de mercenaires stipendiés par la principauté investit Skull Island, peuplée exclusivement de singes. Afin d’assouvir leurs appétits, les occupants commencèrent de louches croisements avec les s…, anthropoïdes, de plus en plus gros au fil des générations dégénérées successives, jusqu’à ce qu’en 1933 King Kong mange tous les occupants monégasques.
Depuis, la principauté a décidé de coloniser *Coin de Rue-Images immondes*, mais ça, tout le monde le sait…